Dôme de lumière maillée projeté sur la végétation la nuit

Mascouche  ·  29 et 30 octobre 2026, en soirée

Les Veilleuses

Une marche de nuit ponctuée de projections lumineuses dans la forêt du Domaine seigneurial de Mascouche.

Qu’est-ce qui nous met en confiance, la nuit, dans une forêt?

La nuit ne se regarde pas de loin, comme un paysage. Elle nous entoure. Elle efface les contours, rapproche les bruits, avale les distances. Un arbre apparaît dans un faisceau de lumière, le sentier continue hors de notre vue. On avance autrement.

Cet automne, cinq artistes travailleront en résidence au Domaine seigneurial de Mascouche. Ensemble, ils exploreront notre rapport à la forêt, à l’obscurité et à ce qui peut nous rassurer.

Les 29 et 30 octobre, le public sera invité à découvrir ce qu’ils auront créé sur place.

Réserver

Gratuit · 50 places par soirée

Quand
Jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026, en soirée. L’heure de départ des groupes sera confirmée en septembre.
Départ
Chalet d’accueil, 300, place des Rapides, Mascouche (Québec) J7L 1A6
Prix
Gratuit. Les places sont limitées à 50 personnes par soirée et la réservation est obligatoire.
À prévoir
Le parcours se déroule à pied, dans un sentier forestier, à la fin du mois d’octobre. Habillez-vous chaudement et portez des chaussures fermées.

Réserver ma place

La réservation se fait sur Zeffy, une plateforme sans frais pour les organismes. Vous recevrez votre billet par courriel.

Points de lumière dispersés dans la forêt la nuit

Fermez les lumières. Tenez-vous quelques secondes au milieu des arbres. Qui regarde qui?

La démarche

Un mot de Rad Gagnon, direction artistique

Le projet a commencé par un moment très simple : j’ai éteint les lumières.

J’étais seul en forêt, en train de faire des essais pour le volet nocturne du parcours sonore L’École buissonnière. Il était neuf ou dix heures. Lorsque les bâtons lumineux et les projecteurs se sont éteints, la noirceur est devenue totale.

Je n’ai pas ressenti une grande peur. C’était plutôt un inconfort, une impression difficile à nommer. La nuit n’était plus quelque chose que je regardais : elle m’entourait de partout. Les contours, les distances, les repères, tout s’était retiré en même temps que la lumière. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty décrit exactement cette expérience :

La nuit n’est pas un objet devant moi, elle m’enveloppe.

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception

Et il y avait autre chose. Debout dans le noir, je n’étais plus celui qui observe la forêt. J’avais l’impression que c’était elle qui me regardait. Dans un autre texte, Merleau-Ponty rapporte les mots du peintre André Marchand, qui sentait certains jours, devant les arbres, que c’étaient eux qui le regardaient. La peur en forêt, c’est peut-être d’abord ça : être vu par ce qu’on ne voit pas.

Il y avait la peur du noir, bien sûr, mais aussi une certaine crainte de la nature. On peut être fasciné par la forêt, vouloir connaître les plantes et les animaux, faire du camping ou simplement passer du temps dehors. Pourtant, il suffit parfois d’un moustique, d’un bruit inconnu ou d’un mouvement entre les arbres pour que cette fascination se transforme.

On vit près de la nature, mais rarement dans la nature. On habite dans des bâtiments qui nous en protègent. On connaît mal le nom des plantes, des insectes et des animaux qui nous entourent. Et lorsqu’on se retrouve dans une forêt, la nuit, tout ce qu’on ne connaît pas prend soudainement plus de place.

Je me suis alors posé la question à l’envers. Au lieu de chercher ce qui me faisait peur, j’ai essayé de comprendre ce qui me mettait en confiance.

Souvent, c’est la lumière. Mais quelle lumière? Qu’est-ce qu’on choisit d’éclairer? Qu’est-ce qu’on laisse dans l’ombre? Éclairer, c’est aussi créer de l’ombre. Une projection ne fait pas que montrer le chemin : elle décide de ce qui reste caché, et c’est souvent là, juste à la limite du visible, que l’imagination se met à travailler.

Il y a aussi la présence des autres. J’étais seul lorsque j’ai ressenti cet inconfort. En groupe, est-ce qu’on se sent automatiquement plus en sécurité? Est-ce que le fait de parler à voix haute nous rassure? Comment les voix, les sons et les silences changent-ils notre façon d’avancer?

Et il y a le corps. La nuit, le pas ralentit, on hésite avant un tournant, on choisit d’avancer ou d’attendre que l’image revienne. Cette marche-là raconte déjà quelque chose.

Les Veilleuses partent de ces questions.

Les artistes n’essaieront pas de faire disparaître la nuit. Ils chercheront plutôt différentes manières de l’habiter, de l’éclairer par moments et de voir ce qu’elle fait apparaître en nous.

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, chap. « L’espace ».
Maurice Merleau-Ponty, L’Œil et l’esprit, Paris, Gallimard, 1964, où sont rapportés les mots du peintre André Marchand.

Une création en train de se faire

Le projet se construit cet automne, au fil des résidences

Les œuvres n’existent pas encore. Elles seront imaginées et réalisées sur place, dans la forêt du Domaine seigneurial.

Les artistes marcheront dans les sentiers, choisiront des arbres et d’autres surfaces, feront des essais à la tombée de la nuit, se tromperont et recommenceront. Les arbres ne sont pas des écrans ordinaires. La météo, le relief, les sons et l’obscurité auront tous leur mot à dire. Et ce que les projections montreront comptera parfois moins que ce qu’elles laisseront deviner, à la lisière du faisceau.

Chaque artiste abordera à sa façon les questions qui traversent le projet : qu’est-ce qui nous fait peur? Qu’est-ce qui nous rassure? Comment la lumière, le son et la présence d’un groupe peuvent-ils transformer notre expérience de la forêt?

  • 11 et 12 septembreRésidence technique

    L’équipe prépare ses outils : projecteurs autonomes, bâtons lumineux et premiers essais dans le noir.

  • 18 et 19 septembrePremière résidence d’expérimentation

    Les artistes parcourent la forêt et choisissent leurs surfaces : un arbre, une clôture, un banc ou un tournant du sentier.

  • 9 et 10 octobreDeuxième résidence d’expérimentation

    Les propositions se précisent. Chaque artiste développe sa propre réponse aux questions communes du projet.

  • 23 au 28 octobreSemaine de création intensive

    L’équipe s’installe au chalet d’accueil et travaille chaque soir dans la forêt, jusqu’à ce que le parcours prenne forme.

  • 29 et 30 octobreLes présentations

    Le parcours se découvre à pied et en groupe, accompagné de bâtons de lumière.

Pour suivre la création de plus près, joignez-vous à l’événement Facebook. Nous y publierons des images et des nouvelles des résidences. Cette page sera également mise à jour au fil de l’automne.

Les artistes

L’équipe de création

Radhanatha Gagnon

Direction artistique et artiste

Rad Gagnon (Ph. D.) est artiste, chercheur-créateur et directeur d’Art Partage, qu’il a fondé en 2004. Sa pratique porte sur le vidéomapping et la projection dans l’espace public, qu’il aborde comme des occasions de rencontre entre des artistes, un territoire et les gens qui l’habitent. Il poursuit un postdoctorat de recherche-création sur le vidéomapping au Québec à l’Université de Montréal et enseigne à l’École des médias de l’UQAM.

Stéphanie Lagueux et Jonathan L’Écuyer

Duo d’artistes

Stéphanie Lagueux et Jonathan L’Écuyer forment le duo Lagueux L’Écuyer. Ensemble, ils créent des expériences interactives et participatives dans l’espace public. Stéphanie est artiste en arts visuels et médiatiques, développeuse web et formatrice. Établie à Terrebonne, elle travaille depuis 2002 au centre d’artistes Ada X.

Benoît D. Adam

Artiste et supervision technique

Benoît D. Adam est artiste en arts numériques et responsable technique du vidéomapping. Iel a collaboré avec Art Partage et le Musée d’art de Joliette aux projets de projection architecturale Mirage et Ondulation.

Noémie Carrier

Artiste

Noémie Carrier est artiste multidisciplinaire, designer, enseignante et chercheuse. Son travail réunit le textile, la fabrication numérique et l’art interactif. Elle cherche à transformer des concepts complexes en expériences accessibles et ludiques. Elle étudie en arts numériques à l’Université Concordia.

Marion Schneider

Artiste

Marion Schneider est un·e artiste numérique non binaire qui vit et travaille à Montréal. Diplômé·e de la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM et en design numérique à l’École nationale supérieure Olivier de Serres, à Paris, iel explore le potentiel poétique et engagé des technologies par la robotique, l’installation et l’art web.

D’où viennent Les Veilleuses

Nos marches nocturnes, depuis 2018

Depuis 2018, Art Partage organise des marches nocturnes ponctuées de projections. Elles ont eu lieu dans le Vieux-Terrebonne, à Québec et aux Îles-de-la-Madeleine.

Les Veilleuses poursuivent ce travail, mais dans un nouveau contexte : la forêt du Domaine seigneurial de Mascouche. Ici, il ne s’agit pas seulement de projeter des images dans un lieu. Il faut composer avec la noirceur, les arbres, les sons et tout ce qu’on imagine lorsque le sentier disparaît devant nous.

Vieux-Terrebonne · 2021En collaboration avec la Ville de Terrebonne

Québec · 2023En collaboration avec KINOMADA

Îles-de-la-Madeleine · 2025En collaboration avec KINOMADA

Cette série de déambulatoires menée avec KINOMADA a reçu le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada.

Premières explorations

Essais de projection en forêt, printemps 2026

Projections colorées sur la forêt la nuit
Anneau de lumière dorée pointillé sur les arbres
Ailes de lumière verte déployées au-dessus des arbres
Motifs de vitrail colorés projetés sur la forêt
Cercles roses lumineux dans la forêt la nuit

Photographies de Rad Gagnon prises pendant les premières explorations. Ces images montrent des essais et non les œuvres finales : celles-ci seront créées sur place au cours des résidences de l’automne.

Partenaires

Ville de Mascouche · MCC · Emplois d’été Canada · Ada X

Une présentation d’Art Partage, en collaboration avec la Ville de Mascouche.

Le projet bénéficie du soutien de la Ville de Mascouche, du ministère de la Culture et des Communications et du programme Emplois d’été Canada. Le projet de Marion Schneider est coproduit par le centre d’artistes Ada X.

Fondé à Mascouche en 2004, Art Partage est un organisme culturel qui crée des rencontres entre les artistes et le public, notamment par des projets de vidéoprojection ancrés dans le territoire.